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Une chose que quelqu’un m’a dite à propos de moi et que je n’ai jamais oubliée

Je me souviens. J’avais dix ans. J’étais en sixième. C’était un des ces dimanches après-midis où mes cousins venaient à la maison. Le rituel était presque immuable : les discussions, les parties de cartes entre adultes, le gâteau et le café…

Je ne sais plus comment la conversation avait commencée ni quel était exactement le sujet. Par contre, je me souviens parfaitement des mots et du ton employé par ma tante lorsqu’elle a dit :

« Mais pour toi, c’est pas pareil… c’est facile ! »

C’était la première fois qu’elle le disait, mais c’est comme si elle l’avait pensé depuis longtemps et que j’allais le ressentir encore et encore dans le regard d’autres personnes. Pour moi, c’est pas pareil… c’est facile.

Je me souviens comme ça m’a fait mal sur le coup. Je me souviens en avoir parlé avec ma mère juste après leur départ. J’ai ressenti ça comme une terrible injustice, comme si ça niait tout mérite, tout effort, tout travail, comme si ça niait d’autres difficultés que je ressentais parfois de façon floue, mais qui étaient bien là.

Pourquoi avait-elle dit ça ? Parce que j’avais sauté une classe, parce que j’étais en réussite scolaire. Voilà son seul critère. Sous ce prétexte là, tout devenait facile pour moi, normal. Pourtant, bien d’autres aspects n’ont pas été facile. Ce n’est pas simple de se retrouver au collège dans une classe où certains élèves ont près de trois ans de plus que toi! Car avoir une année d’avance quand on est né en fin d’année et que certains ont redoublé, ça creuse des écarts. Il faut encaisser les moqueries à l’adolescence ! Il faut assumer cette différence, il faut dépasser tout ça.

Et puis pourquoi cela devrait-il tout justifier ? Pourquoi tout serait-il « facile » pour autant ? Dessiner ? Facile. Apprendre à déchiffrer une partition et à jouer du clavier seul ? Facile.Être à l’aise dans l’apprentissage des langues ? Facile.

Parce que moi, ce que je voyais, c’est où je vivais, d’où je venais : un milieu très modeste. Peu de moyens. Pas de vacances. Jamais. Mais des valeurs transmises et la volonté farouche des mes parents – de ma mère surtout – que mon frère et moi puissions nous élever, avoir une meilleure situation qu’eux. D’où l’importance de l’école et d’apprendre. J’ai toujours entendu ma mère me dire qu’il fallait bien apprendre. J’ai toujours gardé ça en tête, encore aujourd’hui. Et c’est ce que je veux transmettre à mes enfants.

Ce n’est pas tant la réussite scolaire qui importe, que le fait d’apprendre. Je crois avoir compris ça assez tôt. Bien sûr, les résultats scolaires comptaient pour moi, parce qu’ils comptaient pour ma mère. Je ne voulais pas la décevoir. Mais j’ai très vite ressenti le plaisir d’apprendre de nouvelles choses et petit à petit j’ai compris qu’on pouvait faire des choix et que finalement, ça, ce n’était pas facile !

Le déclic, finalement, ça a été mon professeur de physique en seconde qui me l’a donné quand, au moment de l’orientation, j’hésitais entre les attentes sociales d’un côté et mes propres goûts. D’un côté, la filière scientifique d’excellence et de l’autre mon goût pour les lettres et les langues… J’étais sur le points de faire une côte mal taillée et il m’a ouvert les yeux. Devant mes parents, il m’a dit : « Écoute, là tu dois faire TON choix. Pas pour faire plaisir à tes parents, pas pour faire plaisir au prof de maths, mais pour toi. Et toi, ton truc, c’est les lettres, c’est les langues. Tu t’en fous de ce que les autres vont dire ou penser. Tu fais les choix pour toi. ». C’est grâce à lui que j’ai assumé d’aller en série A2 (en gros là où on orientait ceux qui n’avaient pas le niveau pour aller en S ou en A1). C’est grâce à lui que j’ai pu découvrir ce qu’était vraiment la philosophie, développer mon goût pour les langues. Et faire ce premier choix n’était pas facile !

Postuler pour entrer en classes préparatoires ensuite, y entrer, me retrouver dans ce milieu petit-bourgeois par excellence n’a pas été facile non plus. Je crois qu’inconsciemment j’ai cherché la difficulté. En tout cas, refuser la facilité, me frotter à mes limites.

Finalement, ces mots-là, « Mais pour toi, c’est pas pareil… c’est facile ! », auront peut-être été le déclencheur de ma façon d’appréhender pas mal de choses. Mais ils masquent indubitablement tout ce qui n’est pas facile, tous les doutes qui m’assaillent en permanence, tous les choix qui me sont toujours aussi difficiles à faire.

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10 titres au hasard

24 juin – 10 titres au hasard

Dreams (Arizona Dream B.O) – Goran Bregovic

Une écriture classique, des influences traditionnelles, Goran Bregovic aime mettre les voix en avant. Ce n’est pas le registre dans lequel je le préfère, mais il est indissociable du cinéma d’Emir Kusturicza. En concert, les deux sont impressionnants.

Comme la lune – Joe Dassin

Je ne suis jamais objectif quand il s’agit de Joe Dassin. Il y a chez lui une autodérision qui me fascine. Et dans un titre comme celui-là, on sent bien qu’il était à l’affût des rythmiques rythm’n blues de l’époque. Cette légèreté assumée lui va aussi bien que le sens du tragique dans un titre comme Marie-Jeanne.

Comme un ours – Alexis HK

Sûrement pas la chanson que je citerais le concernant, mais la filiation avec Joe Dassin est évidente. La voix, la retenue et une forme de cynisme dans l’attitude sont de vraies qualité sur scène. Bien sûr, ce n’est pas un showman, mais l’écriture est ciselée. J’apprécie de temps en temps, mais je suis nostalgique de ce qu’il faisait il y a quelques années.

Superfreak – Rick James

Le genre de titre que tu connais parfaitement sans savoir comment. Très efficace sur le dancefloor, mais à y prêter l’oreille, le riff de basse est quand même bien méchant. C’est là qu’on prend conscience qu’à l’époque du disco, il y avait des bêtes de studio !

Mueva los Huesos – Big Phat Band

J’avoue, c’était inconnu au bataillon. Et pourtant, ça cuivre, ça sonne à la fois bien latino et Big Band. C’est plutôt irrésistible. Shake your bones !!!

Maman est folle – William Sheller

C’est probablement avec lui que j’ai découvert la force de la revisite en piano solo. Il suffit d’écouter cette main gauche… La main droite est implacable, mais ce groove. Et puis Sheller est un mélodiste hors pair. On sent toute la maîtrise technique et en même temps l’écriture est simple.

Ciao Ciao Manu – Txaranga Katxi

Du cuivre mais version fanfare. Alors non, ce n’est pas très fin. C’est plutôt sur l’énergie que ça joue, mais comment résister à Manu Chao et à la Mano Negra. Trop de souvenirs là dessus. On a juste envie de pogoter !

War – Hypnotic Brass Ensemble

Evidemment, là, on n’est plus vraiment dans de la fanfare même si les ingrédients sont là. Il y a du groove, des harmonies précises. Ce titre faisait partie de nos morceaux de bravoure avec la fanfare et j’ai en tête quelques versions gravées à jamais comme celle bien énervée dans les rues de Belgrade un soir de juillet.

Baatar Tsgtyn Nagats – Henri Tournier, Enkhjargal Dandarvaanchig

C’est le son des steppes mongoles ; ces basses dans la voix et les cordes qui invitent aux voyages. Tous les projets de ce musicien mongol sont du même acabit et je me souviens de son sourire et de sa générosité quand Armel est allé le voir pour avoir une dédicace du haut de ses cinq ans !

Let’s go to work – Electro Deluxe (Big Band)

De l’énergie, de la classe. En version Big Band, leur musique prend toute sa dimension. Incroyables sur scène, je me souviens m’être pris une bonne claque sur le port de Commerce à Brest alors que je ne les connaissais pas.

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Quelques mots de sagesse qui me parlent

Des mots de sagesse, j’en ai croisés pas mal. Ils vont et viennent. Ceux qui m’ont parlé un jour ne me parlent plus forcément aujourd’hui. Mais certains auteurs restent toujours là, parce que leurs phrases font toujours écho. Albert Camus est de ceux-là pour moi. Cinq citations qui résonnent encore.

“L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est.”

Je suis persuadé que c’est ce qui permet d’avancer. Ne pas accepter sa condition. Vouloir aller de l’avant, s’élever. La contrepartie, c’est l’insatisfaction permanente, la remise en question parfois obsédante. Trouver l’équilibre entre les deux et savoir apprécier le présent, c’est là tout l’enjeu…

“Vivre est une torture puisque vivre sépare.”

Faut-il en dire davantage ? Il y a des personnes qui passent dans nos vies sans que cela nous affecte quand elles partent. Il y a celles qui nous marquent et que l’on perd de vue petit à petit. Et puis il y a celles qui s’arrachent de nous et dont on se remet vraiment jamais de la perte, parce qu’on avait fait un pari amical ou amoureux et qu’on l’a perdu. Là est la torture.

“L’important n’est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux.”

Accepter ce qui fait mal. Ne pas chercher à oublier. Ne pas se voiler la face, mais essayer de faire avec. Laisser venir la douleur quand elle revient à la surface et la laisser passer pour ce qu’elle est. Si seulement, j’en étais capable. Un travail de tous les jours et qu’il me faudra remettre sur l’ouvrage encore bien longtemps.

“Les doutes, c’est ce que nous avons de plus intime.”

Je vis avec mes doutes, sur ce que je ressens, sur les autres, sur ce qu’ils ressentent aussi. Mais le plus grand doute, c’est sur moi-même. Qui suis-je vraiment ? De quoi suis-je capable ? Quels choix dois-je faire ? Rien ni personne ne peut lever ce doute là. Impossible de mettre vraiment des mots là dessus. Même ceux-là sont vains. Il faut parvenir à les faire taire de temps en temps, se faire confiance pour oser. Alors, on peut avancer… et se confronter à de nouveaux doutes !

“Aller jusqu’au bout, ce n’est pas seulement résister, mais aussi se laisser aller.”

Comment sortir de ce rapport de force avec la vie ? Lâcher prise. Je sais que c’est sûrement la clé pour aborder les choses plus sereinement. Mais comment y parvenir ? Rien n’y fait jusque là. Toujours cette volonté de garder la maîtrise. Sauf à prendre des risques inconsidérés… qui sait ?

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