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Rencontre imprévue

Paris, le 1er juin

Cher M.,

C’est étonnant comme le hasard nous a mis sur le chemin l’un de l’autre. La technologie contemporaine permet des coïncidences heureuses. Je dois bien vous avouer que vous sortez du lot et qu’il m’est très agréable de pouvoir converser avec vous.

Je sens chez vous une éducation, un certain respect qui, hélas, n’est point monnaie courante là où virtuellement nous nous sommes rencontrés. J’apprécie vraiment et cela m’incite à poursuivre plus avant nos échanges.

Je dois vous l’avouer, je ne crois pas à votre histoire d’agent secret, mais elle m’a fait sourire et, au bout du compte, a fait naître une certaine curiosité à votre égard. Vous dites avoir le goût du risque, c’est ce que nous allons voir. Ne serez-vous point effrayé d’entretenir d’épistolaires échanges avec quelqu’un d’aussi dangereux que moi ?

J’attends votre réponse.

A.

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Lettre B

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Inventer une intrigue autour d’une oeuvre d’art

Edward Hopper – La nuit au bureau – 1940

« John, vous devriez rentrer. Il est tard et cela peut attendre demain.
– Non Sally, je dois répondre à ce courrier. C’est important. Il faut que ma lettre parte à la première heure.
– Vous pouvez comptez sur moi.
– Merci… Mais vous avez raison, il est tard et vous êtes toujours là. Rentrez chez vous, je m’en sortirai bien tout seul.
Vous savez bien que c’est hors de question. Et puis, comment feriez-vous ? Vous ne savez pas utiliser la Remington ! »

John lâcha un sourire. C’était vrai. Jamais il n’avait même essayé de taper à la machine. Il s’en remettait toujours à sa secrétaire Sally. Comme pour beaucoup de choses du reste. Elle était plus qu’une secrétaire, une assistante, un confidente parfois. Heureusement qu’elle était là pour gérer ses rendez-vous, anticiper ses repas… On ne dit pas assez combien les hommes d’influence s’appuient sur ces femmes de l’ombre.

Sally, n’avait pas bougé. La main sur le tiroir ouvert, elle faisait mine de chercher un dossier, mais en réalité, elle n’avait pas quitté John des yeux. Elle s’inquiétait pour lui. Elle se souciait de lui. Elle savait bien qu’il la considérait plus qu’une simple secrétaire, qu’il se confiait à elle parfois. Elle faisait tout pour que son quotidien soit le plus simple possible. On ne dit pas assez combien certaines femmes de l’ombre aiment ceux qu’elles assistent.

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Une photo du téléphone au hasard

La sauterelle et le scarabée

Mesdames et messieurs, attention !
Je vais vous faire une chanson
Dont vous vous souviendrez sûrement
Quand vous ne compterez plus les ans.

Chanson triste ou bien joyeuse,
La morale en sera heureuse
Pour l’héroïne Annabelle
Qui fut bien plus qu’une sauterelle.

L’histoire commença au printemps
Parmi les parfums entêtants
De citronnelle et de jasmin.
La belle explorait le jardin.

Elle sautillait de fleurs en fleurs,
Sans ressentir la moindre peur,
Jusqu’à se trouver nez à nez
Avec un joli scarabée.

– Que faites-vous sur mon territoire,
Vous, votre carapace noire
et votre horripilant toupet ?
Me laisserez-vous donc en paix ?

-Allons, allons, belle demoiselle…
Ne levez point les yeux au ciel,
Ne montrez point votre dédain
Pour celui qui vous veut du bien.

Je vous ai suivi, il est vrai.
Je ne suis hélas pas parfait.
Mais comment résister à vous ?
Je suis prêt à prendre des coups.

M’autorisez-vous un instant,
Même si je suis tremblotant,
À vous déclarer ma flamme ?
Acceptez-vous d’être ma femme ?

Jamais on n’avait vu rougir,
Blêmir et même s’enorgueillir
Un insecte de cette espèce
Avec une telle vitesse.

La belle avait tout oublié :
La fleur qu’elle voulait butiner,
La couleur de son prétendant
et sa froideur assurément.

Il avait fait montre d’audace,
Avait su rompre la glace.
Au diable donc les différences,
Annabelle saisit sa chance

Et c’est depuis ce beau jour là,
Que parmi roses et lilas,
Si vous ouvrez l’œil, vous verrez
Une sauterelle et un scarabée.

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Huis clos

« Tu comptes aller où comme ça ? »

Le ton est sec, presque cassant. C’est une question qui n’en est pas vraiment une.

« Je te demande : tu comptes aller où ? Tu crois qu’on en a fini peut-être… Moi je n’ai pas terminé. J’attends toujours tes explications. Et tant que je ne les ai pas, tu restes là !
– Tu me retiens de force maintenant ?
– Je n’ai pas fait usage de la force. À quel moment ai-je levé la main sur toi ?
– Mais je ne peux pas sortir…
– Non, effectivement. Tu ne sortiras pas tant que tu n’auras pas assumé tes responsabilités. Faut-il que je pose à nouveau les mêmes questions ?
– Je n’ai rien à te dire.
– J’ai tout mon temps. Je peux comprendre que ce ne soit pas facile, mais il me faut des réponses. »

Le silence s’installe à nouveau dans le salon. Il est adossé à la porte, les bras croisés. Elle est retournée s’asseoir dans le fauteuil en cuir un peu défraîchi. Les pieds nus, elle se tient recroquevillée, les jambes dans ses bras. Elle se tait, et pourtant, intérieurement, c’est un flot incessant de pensées, de mots, d’images qui se bousculent. Comment peut-elle exprimer tout cela ? Comment pourrait-il comprendre le chemin qu’elle a dû parcourir pour se retrouver là à devoir rendre des comptes ? Alors, elle se tait, elle se mure dans le silence, attendant qu’il cède comme chaque fois.

Il ne bouge pas. Il ne quitte plus cette porte, n’ose plus s’en éloigner de peur qu’elle se précipite à l’extérieur. Il sait bien qu’il n’aurait pas la force ou le courage de courir après elle. Alors il reste là, les yeux dans le vague, la mâchoire crispée, les poings serrés. Pourquoi ne dit-elle rien ? Pourquoi ne veut-elle pas admettre qu’elle a fauté ? Il pourrait peut-être comprendre, voire même pardonner, si seulement elle daignait expliquer ce qu’il s’était passé. Mais elle reste muette. Alors, il se tait, se mure dans le silence, attendant qu’elle cède pour une fois.

Cela fait maintenant près de trois heures que le bras de fer est entamé et chacun campe sur ses positions, refusant de céder le moindre terrain à son adversaire.

« J’ai soif.
– Pourtant, tu n’as pas parlé…
– Pas la peine d’être sarcastique !
– Je ne suis pas sarcastique, je constate.
– Je n’ai rien à te dire.
– C’est trop facile !
– Détrompe-toi, ce n’est pas si facile.
– Et pour moi, tu crois que ça l’est. Je devrais me satisfaire de ça et faire comme si de rien n’était. Mais enfin, c’est donc toute la considération que tu as pour moi ?
– Ne dis pas ça. Tu sais bien que je tiens à toi.
– Non, je ne sais pas. Je ne sais plus. C’est trop confus, trop changeant. Vas-tu enfin me dire ce qu’il s’est passé ? Je veux dire, ce qu’il s’est vraiment passé. Pas encore une de tes justifications rocambolesques que j’ai toujours fait mine de croire. Cette fois je veux une vraie explication. »

Elle se lève et vient près de lui, pose sa main sur son bras.

« Pierre, je t’aime…
– Je t’aimais, Jeanne. Je t’aimais. »